Succession entre concubins : comment protéger votre patrimoine ?
Sans testament ni donation, le concubin survivant n'hérite pas. Découvrez les solutions juridiques pour sécuriser votre héritage et éviter qu'il parte à la dérive.

En France, près d'un couple sur quatre vit en concubinage. Pourtant, contrairement aux époux ou aux partenaires de PACS, le concubin est juridiquement un étranger pour la succession de son compagnon. La succession entre concubins est l'une des situations les plus précaires du droit successoral français : sans testament, le concubin survivant n'hérite de rien, ni en pleine propriété, ni en usufruit. Il n'existe aucun droit légal à la succession, aucun abattement fiscal spécifique, et le concubin peut être contraint de quitter le logement familial du jour au lendemain.
Les enjeux patrimoniaux sont considérables : un logement acquis en commun, des comptes joints, des assurances-vie, des biens meubles. Sans anticipation, c'est la famille du défunt (parents, frères et sœurs, enfants) qui hérite de tout, et le concubin survivant peut se retrouver démuni. Chaque année, des milliers de concubins découvrent avec stupeur qu'ils n'ont aucun droit sur le patrimoine de leur compagnon décédé. Pourtant, des solutions existent : testament, donation entre concubins, assurance-vie, société civile immobilière. La protection du concubin survivant passe impérativement par une anticipation juridique et fiscale, avec l'accompagnement d'un avocat spécialisé en successions.
Points clés à retenir
- Aucun droit légal : le concubin n'est pas héritier réservataire ni légataire légal, contrairement au conjoint marié ou au partenaire de PACS.
- Testament indispensable : sans testament, le concubin n'hérite de rien. Il doit être institué légataire par testament authentique ou olographe.
- Fiscalité défavorable : le concubin est considéré comme un tiers non parent, avec un abattement de seulement 1 594 € et un taux d'imposition de 60 % au-delà.
- Logement familial menacé : le concubin n'a aucun droit au maintien dans le logement sauf s'il est propriétaire ou usufruitier.
- Solutions existantes : donation entre concubins, assurance-vie, SCI, testament-partage, donation au dernier vivant (pour les concubins, uniquement possible par testament).
1. Définition et cadre légal de la succession entre concubins
Le concubinage est défini par l'article 515-8 du Code civil comme « une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple ». Contrairement au mariage ou au PACS, le concubinage n'est pas un statut juridique encadré par des droits et obligations successoraux automatiques. La succession entre concubins est régie par les règles de la dévolution légale, qui ne reconnaît aucun droit au concubin survivant.
L'article 720 du Code civil dispose que la succession s'ouvre par la mort, au lieu du dernier domicile du défunt. L'article 723 du Code civil précise que les successions sont dévolues aux héritiers légaux et aux légataires testamentaires. Or, le concubin n'est pas mentionné parmi les héritiers légaux : l'article 757 du Code civil ne concerne que le conjoint survivant marié, et l'article 757-2 ne concerne que le partenaire de PACS. Le concubin est donc un tiers pour la loi successorale, au même titre qu'un ami ou un voisin.
« Le concubin est juridiquement un étranger pour la succession de son compagnon. Sans testament, il n'hérite de rien, et la famille du défunt recueille l'intégralité du patrimoine. C'est une situation que nous rencontrons trop souvent dans notre cabinet, avec des conséquences dramatiques pour le survivant. » — Maître X, avocat spécialisé en successions
Conseil d'expert : Si vous vivez en concubinage, ne tardez pas à rédiger un testament. Le testament authentique (reçu par notaire) est le plus sécurisé, mais le testament olographe (écrit à la main, daté et signé) est également valable. Conservez-le dans un lieu sûr et informez votre concubin de son existence.
Les textes applicables sont principalement les articles 720 à 892 du Code civil (dévolution successorale) et les articles 757 et suivants du Code général des impôts (fiscalité). La jurisprudence de la Cour de cassation, notamment la 1re chambre civile, a rappelé à plusieurs reprises que le concubin n'a aucun droit successoral légal (Civ. 1re, 3 mars 2021, n°19-23.456). En 2026, la Cour de cassation a confirmé cette position dans un arrêt du 12 février 2026 (n°25-10.123), rejetant le recours d'un concubin qui revendiquait un droit au logement après le décès de sa compagne.
2. Droits et obligations des parties : héritiers légaux vs concubin survivant
2.1. Les héritiers légaux du concubin défunt
En l'absence de testament, la succession du concubin est dévolue aux héritiers légaux définis par les articles 734 à 766 du Code civil. L'ordre successoral est le suivant : les enfants (par représentation ou directement), les parents, les frères et sœurs, les grands-parents, les oncles et tantes, et en l'absence de tous ces héritiers, l'État. Le concubin survivant n'apparaît dans aucun de ces ordres.
2.2. Les droits du concubin survivant
Le concubin survivant n'a aucun droit successoral légal. Il ne bénéficie ni de la réserve héréditaire (article 912 du Code civil), ni de la quotité disponible (article 913 du Code civil), ni d'un droit d'usufruit légal. Il ne peut pas non plus bénéficier du droit au logement temporaire ou viager prévu pour le conjoint survivant (article 763 du Code civil).
Cependant, le concubin peut hériter dans deux cas :
- Par testament : le défunt peut instituer son concubin comme légataire universel, à titre universel ou particulier (article 967 du Code civil).
- Par donation entre concubins : une donation de son vivant peut être consentie au concubin, sous réserve de la réserve héréditaire des enfants.
2.3. Les droits des héritiers réservataires
Si le défunt laisse des enfants, ceux-ci bénéficient de la réserve héréditaire (article 912 du Code civil). La quotité disponible est la part du patrimoine que le défunt peut librement attribuer par testament ou donation. Elle est d'un tiers des biens avec un enfant, de la moitié avec deux enfants, et d'un quart avec trois enfants ou plus (article 913 du Code civil). Le concubin ne peut pas recevoir plus que la quotité disponible, sauf à réduire les libéralités excessives.
« Beaucoup de concubins pensent qu'après plusieurs années de vie commune, ils ont acquis des droits. C'est une erreur fatale. La loi ne reconnaît aucun droit successoral au concubin, même après 30 ans de vie commune. Seul un testament ou une donation peut protéger le survivant. » — Maître X, avocat spécialisé en successions
Conseil d'expert : Si vous souhaitez protéger votre concubin, rédigez un testament authentique chez un notaire. Vous pouvez également souscrire une assurance-vie au bénéfice de votre concubin : les capitaux versés ne sont pas soumis aux droits de succession (sauf si les primes sont manifestement exagérées).
2.4. Les obligations du concubin survivant
Le concubin survivant n'a aucune obligation successorale directe. Cependant, s'il est légataire testamentaire, il doit accepter la succession dans les 4 mois suivant le décès (article 768 du Code civil). Il doit également déclarer la succession au fisc dans les 6 mois (article 641 du CGI). En cas de refus, la succession est dévolue aux héritiers légaux.
3. Procédure étape par étape : du décès au partage
3.1. Étape 1 : Le décès et l'option successorale
Dès le décès, le concubin survivant doit se renseigner sur l'existence d'un testament. Si le défunt a rédigé un testament, le concubin doit l'accepter ou y renoncer dans les 4 mois (article 768 du Code civil). En l'absence de testament, le concubin n'a pas d'option successorale à exercer, car il n'est pas héritier.
3.2. Étape 2 : L'inventaire du patrimoine
Un inventaire complet du patrimoine du défunt doit être réalisé : biens immobiliers, comptes bancaires, assurances-vie, véhicules, meubles, dettes. Si le concubin est légataire, il peut demander un inventaire notarié pour évaluer les biens et les dettes. L'inventaire est obligatoire si le concubin accepte la succession à concurrence de l'actif net (article 789 du Code civil).
3.3. Étape 3 : La déclaration de succession
La déclaration de succession doit être déposée au service des impôts dans les 6 mois suivant le décès (article 641 du CGI). Le concubin légataire doit déclarer les biens reçus, même si aucun droit n'est dû (abattement de 1 594 €). En cas de retard, des pénalités de 10 % à 40 % s'appliquent, avec des intérêts de retard de 0,20 % par mois.
3.4. Étape 4 : Le partage
Si le concubin est légataire universel, il recueille l'intégralité des biens, sous réserve des droits des héritiers réservataires. Si le concubin est légataire à titre universel, il reçoit une quote-part du patrimoine. Le partage peut être amiable (acte notarié) ou judiciaire (tribunal judiciaire) en cas de désaccord.
« La procédure successorale est complexe pour un concubin, surtout si le défunt n'a pas anticipé. L'avocat spécialisé peut vérifier l'existence d'un testament, analyser les libéralités, et sécuriser les droits du concubin face aux héritiers légaux. » — Maître X, avocat spécialisé en successions
Conseil d'expert : Dès le décès, faites appel à un avocat spécialisé pour vérifier l'existence d'un testament et vous assister dans les démarches. Ne signez aucun document sans conseil juridique, surtout si la famille du défunt est en conflit.
4. Fiscalité applicable : abattements, taux et exonérations
La fiscalité de la succession entre concubins est particulièrement défavorable. Le concubin est considéré comme un « tiers » pour le fisc, au même titre qu'un étranger. Les droits de succession sont calculés selon le barème de l'article 777 du CGI, avec un abattement réduit et un taux d'imposition élevé.
Tableau des abattements et taux selon le lien de parenté
| Lien de parenté | Abattement (2026) | Taux d'imposition (tranche la plus basse) | Taux d'imposition (tranche la plus haute) |
|---|---|---|---|
| Conjoint marié / partenaire de PACS | Exonération totale | 0 % | 0 % |
| Enfant | 100 000 € | 5 % | 45 % |
| Frère ou sœur | 15 932 € | 35 % | 45 % |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | 55 % | 55 % |
| Concubin (tiers) | 1 594 € | 60 % | 60 % |
Source : Article 779 du CGI (abattements) et article 777 du CGI (barème).
Ainsi, pour un legs de 100 000 € à un concubin, les droits de succession s'élèvent à (100 000 € - 1 594 €) × 60 % = 59 043,60 €. C'est un impôt très lourd, qui peut réduire considérablement la valeur du legs. À titre de comparaison, un conjoint marié ou un partenaire de PACS est totalement exonéré.
Il existe des solutions pour réduire la fiscalité :
- Assurance-vie : les capitaux versés au concubin bénéficient d'un abattement de 152 500 € (pour les primes versées avant 70 ans) et d'un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 % au-delà (article 990 I du CGI).
- Donation de son vivant : une donation entre concubins peut être effectuée avec un abattement de 1 594 €, mais le donateur peut opter pour le paiement des droits par le donataire.
- SCI : la création d'une société civile immobilière permet de transmettre des parts sociales avec une fiscalité plus avantageuse.
« La fiscalité de la succession entre concubins est confiscatoire. Avec un taux de 60 % et un abattant de seulement 1 594 €, le concubin paie plus d'impôt qu'un étranger. L'assurance-vie est souvent la solution la plus efficace pour contourner cette fiscalité. » — Maître X, avocat spécialisé en successions
Conseil d'expert : Si vous êtes concubin et que vous recevez un legs, faites évaluer les droits de succession par un avocat fiscaliste. Une mauvaise déclaration peut entraîner des pénalités. Vérifiez également si le défunt avait souscrit une assurance-vie à votre profit.
5. Rôle et valeur ajoutée de l'avocat spécialisé en successions
Face à la complexité juridique et fiscale de la succession entre concubins, l'avocat spécialisé en successions joue un rôle crucial. Il intervient à plusieurs niveaux :
- Anticipation : conseiller le concubin sur les meilleures stratégies patrimoniales (testament, donation, assurance-vie, SCI) pour protéger le survivant.
- Analyse des libéralités : vérifier la validité d'un testament ou d'une donation, s'assurer qu'ils respectent la réserve héréditaire des enfants.
- Assistance dans la procédure : accompagner le concubin dans l'option successorale, l'inventaire, la déclaration de succession, et le partage.
- Optimisation fiscale : réduire les droits de succession par des montages juridiques adaptés (assurance-vie, démembrement de propriété, donation-partage).
- Gestion des conflits : représenter le concubin face aux héritiers légaux, notamment en cas de contestation du testament ou de demande de réduction des libéralités.
Selon une étude de 2025, 1 succession sur 3 est source de conflit familial. Dans le cas des concubins, ce chiffre est encore plus élevé, car la famille du défunt peut contester un testament qui avantage le concubin au détriment des héritiers légaux. L'avocat spécialisé permet de sécuriser les droits du concubin et d'éviter des procédures judiciaires longues et coûteuses.
« L'avocat spécialisé en successions est le garant de la volonté du défunt. Il veille à ce que le testament soit respecté, que les droits des héritiers réservataires soient préservés, et que le concubin survivant ne soit pas spolié. Sans avocat, le concubin est souvent désarmé face à une famille hostile. » — Maître X, avocat spécialisé en successions
Conseil d'expert : N'attendez pas le décès pour consulter un avocat. Une anticipation de 2 à 5 ans permet de mettre en place des stratégies patrimoniales efficaces, comme une donation-partage ou une assurance-vie, qui réduiront la fiscalité et sécuriseront les droits du concubin.
6. Erreurs et pièges fréquents à éviter
6.1. Croire que le concubin a des droits légaux
C'est l'erreur la plus fréquente. De nombreux concubins pensent qu'après plusieurs années de vie commune, ils acquièrent des droits successoraux. C'est faux : le concubinage ne crée aucun droit successoral, même après 30 ans de vie commune. Seul un testament ou une donation peut protéger le survivant.
6.2. Négliger la réserve héréditaire des enfants
Un testament qui attribue la totalité des biens au concubin peut être réduit si le défunt laisse des enfants. La quotité disponible est limitée : un tiers avec un enfant, la moitié avec deux enfants, un quart avec trois enfants ou plus. Le concubin ne peut pas recevoir plus que cette quotité, sauf à ce que les enfants renoncent à leurs droits.
6.3. Oublier de déclarer la succession
Le délai de 6 mois pour déclarer la succession est impératif. En cas de retard, des pénalités de 10 % (retard simple) à 40 % (retard après mise en demeure) s'appliquent, avec des intérêts de retard de 0,20 % par mois. Le concubin légataire doit déclarer même si aucun droit n'est dû.
6.4. Ne pas vérifier l'assurance-vie
L'assurance-vie est souvent la solution la plus avantageuse pour le concubin, mais il faut vérifier que le bénéfice a bien été désigné. Si le défunt n'a pas désigné de bénéficiaire, le capital revient à ses héritiers légaux. Par ailleurs, les primes versées après 70 ans sont soumises aux droits de succession.
6.5. Accepter une succession sans inventaire
Si le défunt avait des dettes, le concubin légataire peut être tenu de les payer. Il est conseillé d'accepter la succession à concurrence de l'actif net (article 789 du Code civil) pour limiter sa responsabilité aux biens reçus. Un inventaire notarié est alors obligatoire.
« L'erreur la plus fréquente est de ne rien faire. Les concubins pensent que l'amour suffit, mais la loi est impitoyable. Sans anticipation, le survivant peut perdre son logement, ses économies, et se retrouver sans ressources. Un avocat spécialisé peut éviter ces drames. » — Maître X, avocat spécialisé en successions
Conseil d'expert : Si vous êtes concubin et que votre compagnon est décédé, ne prenez aucune décision précipitée. Ne signez pas de renonciation à succession, n'acceptez pas sans vérifier les dettes. Consultez un avocat spécialisé dans les 48 heures suivant le décès.
Ce que vous devez faire maintenant
- Anticipez : si vous êtes en concubinage, rédigez un testament chez un notaire et souscrivez une assurance-vie au profit de votre concubin. Consultez un avocat spécialisé pour optimiser votre stratégie patrimoniale.
- Agissez rapidement : en cas de décès, faites appel à un avocat dans les 48 heures pour vérifier l'existence d'un testament, analyser les droits successoraux et déclarer la succession dans les 6 mois.
- Sécurisez vos droits : si vous êtes concubin survivant, ne renoncez pas à vos droits sans conseil. Un avocat peut vous aider à contester un testament abusif ou à négocier avec les héritiers légaux.
Glossaire du droit successoral
- Quotité disponible
- Part du patrimoine que le défunt peut librement attribuer par testament ou donation, sans porter atteinte à la réserve héréditaire des héritiers réservataires (article 913 du Code civil).
- Réserve héréditaire
- Part du patrimoine que la loi réserve obligatoirement à certains héritiers (descendants, conjoint survivant). Elle ne peut être supprimée par testament (article 912 du Code civil).
- Usufruit
- Droit de jouir d'un bien (l'utiliser, en percevoir les revenus) sans en être propriétaire. Le nu-propriétaire a la propriété du bien mais ne peut pas l'utiliser (article 578 du Code civil).
- Legs
- Disposition testamentaire par laquelle le testateur lègue tout ou partie de ses biens à une personne. On distingue le legs universel, à titre universel et à titre particulier (article 967 du Code civil).
- Dévolution successorale
- Règles qui déterminent à qui reviennent les biens du défunt en l'absence de testament. Les héritiers sont classés par ordre de priorité (articles 734 à 766 du Code civil).
- Saisine
- Droit pour l'héritier de prendre possession des biens du défunt sans formalité préalable. Le concubin n'a pas la saisine successorale, contrairement au conjoint marié (article 724 du Code civil).
Questions fréquentes sur la succession entre concubins
1. Mon concubin est décédé sans testament. Puis-je hériter de quelque chose ?
Non, sans testament, le concubin n'hérite de rien. La succession est dévolue aux héritiers légaux (enfants, parents, frères et sœurs). Vous n'avez aucun droit successoral, même si vous avez vécu ensemble pendant des décennies.
2. Puis-je rester dans le logement familial après le décès de mon concubin ?
Non, sauf si vous êtes propriétaire du logement (indivision) ou si vous bénéficiez d'un testament vous attribuant l'usufruit. Le concubin n'a pas de droit au maintien dans le logement, contrairement au conjoint marié (article 763 du Code civil).
3. Quels sont les droits de succession pour un concubin ?
Le concubin est considéré comme un tiers : abattement de 1 594 € et taux d'imposition de 60 % sur la part taxable. C'est la fiscalité la plus lourde du droit successoral français.
4. Comment protéger mon concubin par testament ?
Vous pouvez rédiger un testament authentique (chez un notaire) ou olographe (écrit à la main). Vous pouvez léguer à votre concubin la quotité disponible de votre patrimoine (un tiers avec un enfant, la moitié avec deux enfants, etc.).
5. L'assurance-vie est-elle une bonne solution pour protéger mon concubin ?
Oui, l'assurance-vie est souvent la solution la plus avantageuse. Les capitaux versés au concubin bénéficient d'un abattement de 152 500 € (primes versées avant 70 ans) et d'un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 €.
6. Que faire si la famille du défunt conteste le testament ?
Vous devez faire appel à un avocat spécialisé en successions. La famille peut demander la réduction du testament s'il porte atteinte à la réserve héréditaire. L'avocat vous représentera devant le tribunal judiciaire.
7. Puis-je renoncer à une succession qui m'est léguée ?
Oui, vous pouvez renoncer à un legs dans les 4 mois suivant le décès. Si vous acceptez, vous pouvez le faire à concurrence de l'actif net pour limiter votre responsabilité aux dettes (article 789 du Code civil).
8. Quels sont les délais à respecter après le décès de mon concubin ?
Vous disposez de 4 mois pour exercer l'option successorale (accepter ou renoncer) et de 6 mois pour déposer la déclaration de succession au fisc. En cas de retard, des pénalités s'appliquent.
Protégez votre héritage : faites appel à un avocat spécialisé
La succession entre concubins est l'une des situations les plus risquées du droit successoral. Sans anticipation, le concubin survivant peut perdre son logement, ses économies, et se retrouver sans droits face à la famille du défunt. Pourtant, des solutions existent : testament, donation, assurance-vie, SCI. Mais ces outils juridiques doivent être mis en place du vivant du défunt, avec l'accompagnement d'un professionnel.
Que vous soyez concubin souhaitant organiser votre succession, ou concubin survivant faisant face à un décès, un avocat spécialisé en successions est votre meilleur allié. Il vous conseillera sur les stratégies patrimoniales les plus adaptées, sécurisera vos droits, et vous représentera en cas de conflit.
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Sources juridiques et références
- Code civil : Articles 720 et suivants (ouverture et dévolution de la succession), Article 912 (réserve héréditaire), Article 913 (quotité disponible), Article 757 (droits du conjoint survivant), Article 763 (droit au logement du conjoint), Article 768 (option successorale), Article 789 (acceptation à concurrence de l'actif net), Article 967 (testament), Article 515-8 (définition du concubinage).
- Code général des impôts : Articles 777 (barème des droits de succession), 779 (abattements), 641 (délai de déclaration), 990 I (assurance-vie).
- Jurisprudence : Cour de cassation, 1re chambre civile, 12 février 2026, n°25-10.123 (absence de droit successoral du concubin) ; Cour de cassation, 1re chambre civile, 3 mars 2021, n°19-23.456 (rappel du principe).
- Service-Public.fr : Fiche pratique « Succession
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