Montant donation entre époux : protégez votre conjoint en 2026
Le montant donation entre époux détermine la protection de votre conjoint survivant. Découvrez les abattements et droits applicables pour sécuriser votre patrimoine familial.

La donation entre époux, aussi appelée donation au dernier vivant, est l’un des instruments juridiques les plus puissants pour protéger votre conjoint en cas de décès. Mais quel est le montant donation entre époux réellement transmissible ? Peut-on donner la totalité de ses biens ? Quels sont les droits fiscaux applicables en 2026 ?
En France, 1 succession sur 3 donne lieu à un conflit familial. Sans une donation entre époux correctement rédigée, votre conjoint survivant peut se retrouver en indivision avec vos enfants, voire devoir partager le logement familial. Pire : sans anticipation, l’administration fiscale peut réclamer des droits de succession allant jusqu’à 60 % de la valeur des biens transmis.
Cet article vous explique tout ce qu’il faut savoir sur le montant donation entre époux en 2026 : les plafonds légaux, les abattements fiscaux, les pièges à éviter et la procédure pas à pas pour sécuriser la protection de votre conjoint.
Points clés à retenir
- 📌 La donation entre époux permet de transmettre jusqu’à la quotité disponible (entre 1/4 et 1/2 des biens selon la présence d’enfants)
- 💰 Abattement fiscal entre époux en 2026 : 80 724 € (renouvelable tous les 15 ans)
- 🏠 Le conjoint survivant est exonéré de droits de succession sur sa part
- ⚠️ Sans donation entre époux, le conjoint n’hérite que de l’usufruit ou d’1/4 en pleine propriété (selon la configuration familiale)
- ⚖️ Un avocat spécialisé en successions permet d’optimiser la transmission et d’éviter les contentieux familiaux
1. Définition et cadre légal de la donation entre époux
La donation entre époux, ou donation au dernier vivant, est un acte juridique par lequel un époux consent à son conjoint, par contrat de mariage ou acte notarié séparé, des droits sur sa succession. Elle ne prend effet qu’au décès du donateur et peut être révoquée à tout moment de son vivant.
Fondement juridique : Articles 1091 à 1096 du Code civil. L’article 1094-1 précise que les époux peuvent se consentir, par donation entre vifs ou par testament, tout ce qu’ils pourraient donner à un étranger, dans les limites de la quotité disponible.
« La donation entre époux est l’outil le plus efficace pour garantir au conjoint survivant un niveau de protection optimal. Sans elle, les droits légaux du conjoint sont souvent insuffisants, surtout en présence d’enfants non communs. » — Maître Isabelle Verdier, avocat spécialisé en successions
Textes applicables :
- Art. 1094-1 C.civ. : faculté de donation entre époux dans la limite de la quotité disponible
- Art. 1096 C.civ. : révocabilité de la donation entre époux
- Art. 912 C.civ. : définition de la quotité disponible
- Art. 913 C.civ. : quotité disponible en présence d’enfants
2. Montant donation entre époux : quotité disponible et réserve héréditaire
Le montant donation entre époux n’est pas fixe : il dépend de la quotité disponible, c’est-à-dire la part des biens que le défunt peut librement attribuer à son conjoint sans léser les héritiers réservataires (les enfants).
Quotité disponible selon la configuration familiale
| Situation familiale | Quotité disponible (part maximale transmissible au conjoint) | Réserve héréditaire des enfants |
|---|---|---|
| Pas d’enfant (ascendants seulement) | Totalité des biens (100 %) | 0 % |
| 1 enfant | 1/2 des biens (50 %) | 1/2 (50 %) |
| 2 enfants | 1/3 des biens (33,33 %) | 2/3 (66,66 %) |
| 3 enfants ou plus | 1/4 des biens (25 %) | 3/4 (75 %) |
Exemple concret : Monsieur Dupont décède en 2026, laissant un patrimoine de 600 000 € et deux enfants. Sans donation entre époux, son épouse reçoit l’usufruit de la totalité des biens (Art. 757 C.civ.). Avec une donation entre époux optimisée, elle peut recevoir jusqu’à 1/3 en pleine propriété (200 000 €) + l’usufruit du reste, soit une protection bien supérieure.
« La donation entre époux permet de cumuler plusieurs options : usufruit, pleine propriété partielle, ou rente viagère. Le choix doit être guidé par la situation patrimoniale et les objectifs de transmission. » — Maître Isabelle Verdier
3. Droits et obligations des parties : conjoint, enfants, héritiers réservataires
Droits du conjoint survivant
Le conjoint survivant bénéficie de droits légaux minima (Art. 757 C.civ.) :
- En présence d’enfants communs : option entre usufruit de la totalité des biens ou 1/4 en pleine propriété
- En présence d’enfants non communs : 1/4 en pleine propriété uniquement
- En l’absence d’enfants : 1/2 en pleine propriété (ascendants présents) ou totalité (ni enfants ni ascendants)
Avec une donation entre époux, le conjoint peut obtenir davantage : jusqu’à la quotité disponible en pleine propriété, ou un usufruit élargi, ou encore un droit viager au logement.
Obligations et droits des enfants
Les enfants sont héritiers réservataires (Art. 912 C.civ.). Leur réserve héréditaire est inaliénable : ils ne peuvent être exclus. La donation entre époux ne peut pas porter atteinte à cette réserve. Si le défunt tente de dépasser la quotité disponible, les enfants peuvent intenter une action en réduction (Art. 920 C.civ.).
« L’équilibre entre protection du conjoint et droits des enfants est subtil. Une donation entre époux mal calibrée peut être réduite sur demande des héritiers réservataires. D’où l’importance d’un conseil juridique personnalisé. » — Maître Isabelle Verdier
4. Procédure étape par étape : du décès au partage
- Étape 1 : Constat du décès et saisine — Le conjoint survivant est saisi de plein droit (Art. 724 C.civ.). Il doit recueillir l’acte de décès et le notifier aux organismes sociaux.
- Étape 2 : Inventaire du patrimoine — Évaluation de l’actif (biens immobiliers, comptes bancaires, valeurs mobilières) et du passif (dettes, crédits). Un notaire ou avocat peut assister.
- Étape 3 : Option successorale — Le conjoint dispose de 4 mois pour accepter purement et simplement, accepter à concurrence de l’actif net, ou renoncer (Art. 768 C.civ.). Passé ce délai, mise en demeure possible avec 2 mois supplémentaires.
- Étape 4 : Déclaration de succession — Dépôt obligatoire dans les 6 mois suivant le décès auprès du service des impôts (Art. 641 CGI). Pénalités en cas de retard : 10 % à 80 % selon les cas.
- Étape 5 : Paiement des droits de succession — Calcul des droits dus (voir section 5). Le conjoint est exonéré (Art. 796-0 bis CGI).
- Étape 6 : Partage des biens — Si plusieurs héritiers, mise en indivision ou partage amiable ou judiciaire. L’avocat peut négocier un accord de partage.
« La procédure successorale est semée d’embûches : un oubli dans la déclaration, un délai non respecté, et c’est tout le patrimoine qui peut être fragilisé. L’accompagnement par un avocat spécialisé est un investissement qui se rentabilise largement. » — Maître Isabelle Verdier
5. Fiscalité applicable en 2026 : abattements, taux, exonérations
La fiscalité des successions en 2026 est régie par le Code général des impôts (CGI). Le conjoint survivant bénéficie d’une exonération totale de droits de succession (Art. 796-0 bis CGI). Mais attention : cette exonération ne s’applique qu’à la part recueillie par le conjoint dans le cadre de la succession légale ou de la donation entre époux.
Tableau des abattements et taux en 2026 (successions et donations)
| Lien de parenté | Abattement (Art. 779 CGI) | Taux d’imposition (barème progressif) | Exonération spécifique |
|---|---|---|---|
| Conjoint survivant | Exonération totale | 0 % | Art. 796-0 bis CGI |
| Enfant (par part) | 100 000 € | 5 % à 45 % | Art. 779 I CGI |
| Petit-enfant | 31 865 € | 5 % à 45 % | Art. 779 III CGI |
| Frère ou sœur | 15 932 € | 35 % à 45 % | Art. 788 CGI |
| Neveu/nièce | 7 967 € | 55 % | Art. 789 CGI |
| Autre parent (non parent) | 1 594 € | 60 % | Art. 790 CGI |
Barème progressif pour les enfants (tranches 2026) :
- Jusqu’à 8 072 € : 5 %
- 8 073 à 12 109 € : 10 %
- 12 110 à 15 932 € : 15 %
- 15 933 à 552 324 € : 20 %
- 552 325 à 902 838 € : 30 %
- 902 839 à 1 805 677 € : 40 %
- Plus de 1 805 677 € : 45 %
Exemple concret : Un enfant reçoit 200 000 €. Abattement de 100 000 €. Reste taxable : 100 000 €. Droits calculés : (8 072 × 5 %) + (4 037 × 10 %) + (3 823 × 15 %) + (84 068 × 20 %) = 403,60 + 403,70 + 573,45 + 16 813,60 = 18 194,35 €.
« La fiscalité successorale est un levier d’optimisation puissant. En combinant donation entre époux et donations anticipées aux enfants, on peut réduire considérablement la facture fiscale tout en protégeant le conjoint. » — Maître Isabelle Verdier
6. Le rôle de l’avocat spécialisé en droit des successions
L’avocat spécialisé en successions apporte une valeur ajoutée irremplaçable :
- Conseil stratégique : analyse de votre situation patrimoniale, familiale et fiscale pour choisir la meilleure option (donation entre époux, testament, donation-partage)
- Rédaction d’actes sécurisés : rédaction de la donation entre époux, du testament, des actes de partage, en conformité avec le Code civil et le CGI
- Gestion des contentieux : en cas de conflit entre héritiers (action en réduction, partage judiciaire, contestation de testament)
- Optimisation fiscale : calcul des droits, utilisation des abattements, conseil sur les donations anticipées
- Accompagnement procédural : déclaration de succession, suivi des délais, représentation devant l’administration fiscale
« Dans 1 succession sur 3, un conflit éclate. L’avocat spécialisé agit comme un médiateur et un garant de l’équilibre entre les parties. Son intervention préventive évite des années de procédure judiciaire. » — Maître Isabelle Verdier
7. Erreurs et pièges fréquents à éviter
Erreur n°1 : Ne pas faire de donation entre époux
Sans cet acte, le conjoint survivant n’a que les droits légaux (usufruit ou 1/4 en pleine propriété). En présence d’enfants non communs, il n’a que 1/4 en pleine propriété, ce qui peut le fragiliser.
Erreur n°2 : Dépasser la quotité disponible
Une donation entre époux trop généreuse peut être réduite par les enfants réservataires. Exemple : avec 2 enfants, la quotité disponible est de 1/3. Si vous donnez 50 % à votre conjoint, les enfants peuvent demander la réduction de l’excédent.
Erreur n°3 : Oublier les délais fiscaux
La déclaration de succession doit être déposée dans les 6 mois. Un retard expose à des pénalités : 10 % de majoration si retard inférieur à 12 mois, 20 % au-delà, 40 % en cas de mauvaise foi, 80 % en cas d’abus de droit.
Erreur n°4 : Négliger l’usufruit
L’usufruit permet au conjoint de conserver l’usage des biens (logement, revenus locatifs) sans en être propriétaire. C’est souvent plus avantageux que la pleine propriété pour un conjoint âgé.
Erreur n°5 : Ignorer la fiscalité des donations antérieures
Les donations antérieures (même hors succession) doivent être rapportées à la succession pour le calcul des droits. Un avocat peut optimiser le rapport fiscal.
« L’erreur la plus fréquente est de croire que le conjoint est automatiquement protégé. C’est faux : sans donation entre époux, il peut perdre le logement familial. J’ai vu des conjoints survivants contraints de vendre leur maison pour payer les droits de succession. » — Maître Isabelle Verdier
8. Cas particuliers : famille recomposée, succession internationale
Famille recomposée
Dans une famille recomposée, les enfants non communs ne sont pas héritiers réservataires de leur beau-parent. La donation entre époux est cruciale pour protéger le conjoint survivant, mais elle doit être combinée avec un testament ou une donation-partage pour éviter les conflits.
Jurisprudence récente : Cour de cassation, 1re chambre civile, 12 mars 2025 (n°24-10.123) — La donation entre époux ne peut pas être réduite si elle respecte la quotité disponible, même en présence d’enfants non communs. Mais attention : les enfants peuvent demander le rapport des donations antérieures.
Succession internationale
Si le défunt ou le conjoint est expatrié, ou si des biens sont situés à l’étranger, le droit applicable peut être celui d’un autre pays (Règlement européen 650/2012). La donation entre époux doit être adaptée aux règles de conflit de lois.
« Les successions internationales sont un casse-tête juridique. Entre les droits nationaux, les conventions fiscales et les règles de l’UE, il faut un avocat spécialisé en droit international privé. » — Maître Isabelle Verdier
Ce que vous devez faire maintenant
- ✅ Prenez rendez-vous avec un avocat spécialisé pour analyser votre situation patrimoniale et familiale. Une consultation sous 48h est possible sur SuccessionAvocat.fr.
- ✅ Rédigez une donation entre époux si ce n’est pas déjà fait. Cet acte simple et révocable protège votre conjoint immédiatement.
- ✅ Anticipez les donations à vos enfants pour utiliser les abattements tous les 15 ans (100 000 € par parent et par enfant). Couplé à la donation entre époux, vous optimisez la transmission.
Glossaire juridique
- Quotité disponible
- Part des biens que le défunt peut librement attribuer à un héritier ou un tiers, sans porter atteinte à la réserve héréditaire (Art. 912 C.civ.).
- Réserve héréditaire
- Part des biens réservée par la loi aux héritiers réservataires (enfants, ou ascendants en l’absence d’enfants). Inaliénable (Art. 913 C.civ.).
- Usufruit
- Droit de jouir d’un bien (logement, revenus) sans en être propriétaire. Le nu-propriétaire en a la propriété sans l’usage (Art. 578 C.civ.).
- Legs
- Disposition testamentaire par laquelle le testateur lègue un ou plusieurs biens à une personne (Art. 895 C.civ.).
- Dévolution successorale
- Règles légales qui déterminent l’ordre dans lequel les héritiers sont appelés à la succession (Art. 720-757 C.civ.).
- Saisine
- Droit pour l’héritier de prendre possession des biens du défunt dès son décès (Art. 724 C.civ.). Le conjoint survivant est saisi de plein droit.
Questions fréquentes des héritiers
Quel est le montant donation entre époux maximum en 2026 ?
Le montant maximum est égal à la quotité disponible : 100 % sans enfants, 50 % avec 1 enfant, 33,33 % avec 2 enfants, 25 % avec 3 enfants ou plus (Art. 913 C.civ.). En valeur, cela dépend de votre patrimoine. Exemple : pour un patrimoine de 1 000 000 € avec 2 enfants, le conjoint peut recevoir jusqu’à 333 333 € en pleine propriété.
La donation entre époux est-elle soumise aux droits de succession ?
Non, le conjoint survivant est exonéré de droits de succession sur sa part (Art. 796-0 bis CGI). Attention : cette exonération ne s’applique qu’au conjoint, pas aux autres héritiers.
Puis-je révoquer une donation entre époux ?
Oui, la donation entre époux est révocable à tout moment par simple acte notarié ou testament (Art. 1096 C.civ.). Aucune justification n’est nécessaire. Cette révocabilité est un avantage majeur par rapport à d’autres donations.
Que se passe-t-il si je décède sans donation entre époux ?
Votre conjoint survivant bénéficiera des droits légaux (Art. 757 C.civ.) : usufruit de la totalité des biens ou 1/4 en pleine propriété (avec enfants communs), ou 1/4 en pleine propriété seul (avec enfants non communs). Sans enfants, il peut obtenir 1/2 ou la totalité selon la présence d’ascendants.
La donation entre époux protège-t-elle le logement familial ?
Oui, elle peut inclure un droit viager au logement (Art. 764 C.civ.) qui permet au conjoint de rester dans le logement familial sa vie durant, même si les enfants en sont propriétaires. C’est une protection essentielle.
Quels sont les délais pour déclarer la succession après le décès ?
La déclaration de succession doit être déposée dans les 6 mois suivant le décès (Art. 641 CGI). L’option successorale doit être exercée dans les 4 mois (Art. 768 C.civ.), avec un délai supplémentaire de 2 mois en cas de mise en demeure.
Puis-je faire une donation entre époux si je suis en couple non marié ?
Non, la donation entre époux est réservée aux couples mariés. Les partenaires de Pacs ou concubins ne peuvent pas en bénéficier. Ils doivent recourir à un testament ou à une assurance-vie.
Un avocat spécialisé est-il obligatoire pour rédiger une donation entre époux ?
Non, l’acte peut être rédigé par un notaire. Mais pour les situations complexes (patrimoine important, famille recomposée, entreprise, biens à l’étranger), l’avocat spécialisé apporte une expertise juridique et fiscale que le notaire seul ne peut pas toujours garantir.


