Droit de succession entre pacsés : protégez votre partenaire
Le droit de succession entre pacsés est limité sans anticipation. Découvrez comment un avocat peut sécuriser votre patrimoine et éviter une déshérence. Protégez votre héritage.

Le droit de succession entre pacsés est souvent mal compris, ce qui expose le partenaire survivant à des charges fiscales lourdes et à des conflits familiaux. Contrairement au mariage, le Pacs ne confère pas automatiquement les mêmes droits successoraux. Sans une organisation anticipée, votre partenaire peut hériter de seulement une partie de vos biens, voire rien du tout, et devoir payer des droits de succession élevés.
En France, près d’une succession sur trois donne lieu à un litige familial. Pour les partenaires pacsés, le risque est encore plus grand car la loi ne protège pas automatiquement le survivant. Pourtant, avec les bonnes stratégies (testament, donation-partage, assurance-vie), il est possible de réduire drastiquement la fiscalité et d’assurer la sécurité de votre conjoint.
Cet article vous explique les règles applicables en 2026, les abattements fiscaux, les pièges à éviter et le rôle clé d’un avocat spécialisé pour sécuriser votre patrimoine commun.
Points clés à retenir
- Le partenaire pacsé n’est pas héritier réservataire : il peut être totalement exclu sans testament.
- Abattement fiscal de 15 932 € (2026) sur les droits de succession entre pacsés, contre 100 000 € pour un conjoint marié.
- Le partenaire survivant bénéficie d’un droit viager au logement (usufruit) s’il occupait le logement au décès.
- Les donations entre pacsés sont exonérées de droits jusqu’à 15 932 € tous les 15 ans.
- Un testament ou une donation-partage permet de transmettre la quotité disponible au partenaire.
1. Fondements juridiques : ce que dit la loi
Le Pacs (Pacte civil de solidarité) est régi par les articles 515-1 à 515-7-1 du Code civil. Contrairement au mariage, il ne crée pas de vocation successorale automatique. En l’absence de testament, le partenaire pacsé n’est pas un héritier réservataire (Art. 912 C.civ.). Il ne bénéficie que d’un droit viager au logement (Art. 515-6 C.civ.) et d’un abattement fiscal réduit.
Les textes clés :
- Art. 720 C.civ. : ouverture de la succession au dernier domicile du défunt.
- Art. 757 C.civ. : droits du conjoint survivant (ne s’applique pas au partenaire pacsé).
- Art. 912 C.civ. : réserve héréditaire des descendants.
- Art. 913 C.civ. : quotité disponible (libre attribution).
- Art. 515-6 C.civ. : droit viager au logement pour le partenaire pacsé.
2. Droits du partenaire pacsé : héritage, logement et options
Héritage sans testament
En l’absence de testament, le partenaire pacsé n’hérite que si le défunt n’a pas de descendants ni d’ascendants. Dans ce cas, il reçoit la moitié des biens (Art. 757 C.civ. in fine). Mais en présence d’enfants, il n’a aucun droit successoral direct.
Droit viager au logement
Le partenaire pacsé bénéficie d’un droit d’usage et d’habitation sur le logement commun pendant un an (Art. 515-6 C.civ.). Ce droit est gratuit et s’impose aux héritiers. Il peut être transformé en usufruit viager par testament.
Option successorale
Le partenaire survivant dispose de 4 mois pour accepter ou renoncer à la succession (Art. 768 C.civ.). En cas de doute, il peut demander un inventaire. Passé ce délai, il peut être mis en demeure par les créanciers.
3. Procédure étape par étape après le décès
Voici les étapes clés pour le partenaire pacsé :
- Déclaration du décès à l’état civil et obtention de l’acte de décès.
- Inventaire des biens (immobilier, comptes bancaires, assurances-vie, etc.).
- Déclaration de succession à déposer au service des impôts dans les 6 mois (Art. 641 CGI).
- Option successorale : acceptation pure et simple, acceptation à concurrence de l’actif net, ou renonciation (4 mois).
- Partage si plusieurs héritiers : accord amiable ou partage judiciaire.
4. Fiscalité applicable : abattements, taux et exonérations
Les droits de succession entre pacsés sont calculés selon le Code général des impôts (Art. 777 et s.). Voici les abattements et taux en 2026 :
| Lien de parenté | Abattement (2026) | Taux d’imposition |
|---|---|---|
| Partenaire pacsé | 15 932 € | Barème progressif (5 % à 45 %) |
| Conjoint marié | 100 000 € | Exonération totale |
| Enfant (ligne directe) | 100 000 € | Barème progressif (5 % à 45 %) |
| Frère ou sœur | 15 932 € | 35 % à 45 % |
| Neveu/nièce | 7 967 € | 55 % |
Source : CGI Art. 779 et 790 (abattements), barème Art. 777.
Exemple concret : Si vous laissez 200 000 € à votre partenaire pacsé, l’abattement de 15 932 € s’applique. Le solde de 184 068 € est imposé selon le barème progressif (tranche à 20 % environ). Soit environ 36 800 € de droits.
5. Rôle de l’avocat spécialisé : anticipation et contentieux
Un avocat spécialisé en successions vous aide à :
- Anticiper : rédaction de testament, donation-partage, clauses d’usufruit.
- Optimiser la fiscalité : utiliser les abattements, démembrement, assurance-vie.
- Gérer les conflits : médiation familiale, partage judiciaire.
- Défendre vos droits : recours en cas de dépassement du délai de 6 mois.
6. Erreurs fréquentes et pièges à éviter
- Absence de testament : le partenaire n’hérite pas en présence d’enfants.
- Confondre Pacs et mariage : l’abattement fiscal est 6 fois plus faible.
- Oublier le délai de 6 mois : pénalités de 10 % + intérêts.
- Ne pas déclarer l’assurance-vie : elle est soumise aux droits si le bénéficiaire n’est pas le conjoint.
- Accepter la succession sans inventaire : vous risquez de payer les dettes du défunt.
7. Stratégies pour protéger son partenaire
Voici les outils juridiques à utiliser :
- Testament authentique : attribuez la quotité disponible (Art. 913 C.civ.) à votre partenaire.
- Donation-partage : transmettez de votre vivant des biens à votre partenaire avec abattement de 15 932 € tous les 15 ans.
- Assurance-vie : souscrivez un contrat au profit de votre partenaire (exonération jusqu’à 152 500 €).
- Clause d’usufruit : dans le testament, légez l’usufruit du logement à votre partenaire.
- Société civile immobilière (SCI) : détenez le bien en commun avec clauses de tontine ou d’usufruit.
8. Questions fréquentes (FAQ)
Le partenaire pacsé est-il exonéré de droits de succession ?
Non, contrairement au conjoint marié. Il bénéficie d’un abattement de 15 932 € (2026), puis est imposé selon le barème progressif.
Puis-je hériter de mon partenaire sans testament ?
Seulement en l’absence de descendants et d’ascendants. Sinon, vous n’avez aucun droit successoral direct.
Quel est le délai pour déclarer la succession ?
6 mois à compter du décès. Passé ce délai, pénalités de 10 % + intérêts de retard.
Le partenaire pacsé peut-il rester dans le logement ?
Oui, il bénéficie d’un droit d’usage et d’habitation gratuit pendant 1 an (Art. 515-6 C.civ.). Au-delà, il faut un testament ou une convention.
Comment réduire les droits de succession entre pacsés ?
Utilisez l’assurance-vie (152 500 € exonérés), les donations entre vifs (15 932 € tous les 15 ans) et le démembrement de propriété.
Que se passe-t-il si mon partenaire décède sans testament et avec des enfants ?
Les enfants héritent de tout (réserve héréditaire). Vous n’avez aucun droit, sauf le logement temporaire.
Puis-je renoncer à la succession de mon partenaire ?
Oui, dans les 4 mois suivant le décès. Ensuite, vous êtes présumé acceptant.
Un avocat est-il obligatoire pour une succession entre pacsés ?
Non, mais vivement recommandé pour éviter les erreurs fiscales et les conflits familiaux.
Ce que vous devez faire maintenant
- Consultez un avocat spécialisé pour analyser votre situation patrimoniale.
- Rédigez un testament ou une donation-partage pour protéger votre partenaire.
- Vérifiez vos contrats d’assurance-vie et mettez à jour les bénéficiaires.
Glossaire juridique
- Quotité disponible : Part des biens que le défunt peut librement attribuer par testament (Art. 913 C.civ.).
- Réserve héréditaire : Part minimale des biens réservée aux descendants (Art. 912 C.civ.).
- Usufruit : Droit d’utiliser un bien et d’en percevoir les revenus, sans en être propriétaire.
- Legs : Donation par testament (universel, à titre universel ou particulier).
- Dévolution successorale : Transmission légale des biens en l’absence de testament.
- Saisine : Droit de l’héritier d’entrer en possession des biens sans formalité (Art. 724 C.civ.).


