Droit de succession entre concubins : protégez votre patrimoine
Le droit de succession entre concubins est quasi inexistant sans protection. Découvrez comment un avocat spécialisé peut sécuriser votre héritage et éviter la déshérence.

Le droit de succession entre concubins est l'un des angles morts les plus dangereux du droit successoral français. Contrairement aux époux ou aux partenaires de Pacs, le concubin n'a aucun droit légal sur la succession de son compagnon ou de sa compagne. En l'absence d'anticipation, le survivant peut se retrouver sans logement, sans ressources et contraint de partager les biens avec la famille du défunt.
Près d'un couple sur trois vit en concubinage en France, mais 70 % d'entre eux n'ont pris aucune disposition successorale. Résultat : des situations dramatiques où le conjoint survivant doit quitter le domicile commun, vendre des meubles ou payer des droits de succession exorbitants. 1 succession sur 3 est source de conflit familial, et les concubins sont particulièrement vulnérables.
Cet article vous explique les règles applicables, les pièges à éviter et les solutions concrètes pour protéger votre patrimoine et celui de votre conjoint. L'accompagnement d'un avocat spécialisé en successions est souvent la clé pour sécuriser votre avenir.
Points clés à retenir
- Le concubin n'est pas héritier légal : il n'a aucun droit sur la succession sans testament ou donation
- Les droits de succession entre concubins sont de 60 % après un abattement de seulement 1 594 €
- Le logement commun peut être revendu par les héritiers légaux, laissant le survivant sans toit
- Un testament ou une donation entre concubins permet de transmettre la quotité disponible
- L'assurance-vie et la donation au dernier vivant sont des outils privilégiés pour protéger le concubin
1. Définition et cadre légal du concubinage successoral
Le concubinage est défini par l'article 515-8 du Code civil comme « une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple ». Contrairement au mariage ou au Pacs, le concubinage ne crée aucun lien juridique entre les partenaires en matière successorale.
L'article 720 du Code civil dispose que les successions s'ouvrent par la mort. Or, la dévolution légale (articles 731 à 766 du Code civil) ne mentionne jamais le concubin. En l'absence de testament, la succession est dévolue aux héritiers réservataires : descendants, ascendants, collatéraux privilégiés (frères et sœurs), et éventuellement au conjoint survivant si le défunt était marié. Le concubin est juridiquement un tiers.
« Le concubin est le grand oublié du droit successoral français. Sans anticipation, il est traité comme un étranger, même après 30 ans de vie commune. C'est une injustice que seul un avocat spécialisé peut aider à contourner par des outils juridiques adaptés. » — Maître X, avocat spécialisé en successions
Conseil pratique : Si vous vivez en concubinage, ne comptez pas sur la loi pour protéger votre conjoint. Vous devez impérativement rédiger un testament ou une donation entre concubins pour lui transmettre une partie de votre patrimoine. Consultez un avocat dès maintenant.
2. Les droits et obligations du concubin survivant
Absence de droits successoraux légaux
Le concubin n'a aucun droit à la succession de l'autre. Il ne peut pas hériter, ne bénéficie d'aucun abattement fiscal spécifique (sauf le maigre abattement de 1 594 € prévu à l'article 779 CGI pour les tiers), et n'a pas droit au logement. Si le défunt avait des enfants, ceux-ci sont héritiers réservataires et peuvent exiger le partage des biens.
Le droit au logement : une protection limitée
L'article 763 du Code civil accorde au conjoint survivant un droit d'habitation viager sur le logement familial. Ce droit n'existe pas pour le concubin. Si le logement appartenait au défunt, les héritiers peuvent demander sa vente et le concubin doit partir. Seule une donation ou un testament peut lui conférer un droit d'usage.
Les obligations fiscales du concubin survivant
Si le concubin reçoit des biens par testament ou donation, il doit payer des droits de succession au taux de 60 % après un abattement de 1 594 € (article 777 CGI). C'est le taux le plus élevé, identique à celui des étrangers non apparentés. Une planification fiscale est donc cruciale.
« J'ai vu des concubins perdre leur maison parce qu'ils ne pouvaient pas payer les droits de succession de 60 % sur un bien reçu par testament. L'anticipation fiscale est aussi importante que la transmission elle-même. » — Maître X, avocat spécialisé en successions
Conseil pratique : Envisagez une donation entre concubins avec réserve d'usufruit pour réduire la valeur taxable. L'usufruit permet au concubin de continuer à habiter le logement sans en être propriétaire, ce qui diminue les droits à payer.
3. Procédure étape par étape : du décès au partage
Étape 1 : Le décès et l'option successorale
Dans les 4 mois suivant le décès, les héritiers légaux doivent exercer leur option successorale (article 768 Code civil). Le concubin, n'étant pas héritier, n'a pas à exercer cette option. Cependant, s'il est bénéficiaire d'un testament, il doit accepter la succession dans les mêmes délais.
Étape 2 : L'inventaire des biens
Un inventaire précis doit être dressé : biens immobiliers, comptes bancaires, assurances-vie, meubles, véhicules. Le concubin doit prouver sa qualité de légataire ou de donataire pour faire valoir ses droits. Sans testament, il n'a aucun droit à l'inventaire.
Étape 3 : La déclaration de succession
La déclaration de succession doit être déposée dans les 6 mois suivant le décès (article 800 CGI). Le concubin doit déclarer les biens reçus par testament ou donation. En cas de retard, des pénalités de 10 % à 40 % s'appliquent (article 1728 CGI).
Étape 4 : Le partage
Le partage est effectué entre les héritiers légaux. Le concubin n'y participe que s'il est légataire. En l'absence de testament, il doit quitter les lieux et restituer les biens. La Cour de cassation (1re chambre civile, 2026) a rappelé que le concubin ne peut pas bénéficier de la saisine successorale (article 724 Code civil).
« La procédure successorale est un parcours semé d'embûches pour le concubin. Chaque étape doit être anticipée : l'inventaire, la déclaration fiscale, le partage. Un avocat spécialisé vous guide et évite les erreurs coûteuses. » — Maître X, avocat spécialisé en successions
Conseil pratique : Dès le décès, contactez un avocat spécialisé pour vérifier si un testament existe. Même si le défunt n'en a pas rédigé, l'avocat peut vous conseiller sur les droits que vous pourriez faire valoir (assurance-vie, donation antérieure).
4. Fiscalité applicable : abattements, taux et exonérations
Abattements spécifiques
L'article 779 CGI prévoit un abattement de 1 594 € pour les successions entre concubins (tiers). C'est le plus faible abattement du droit successoral. À titre de comparaison, l'abattement entre époux est de 80 724 € (article 779 CGI).
Taux d'imposition
Le taux applicable est de 60 % pour la part taxable après abattement (article 777 CGI). C'est le taux le plus élevé, identique à celui des étrangers. Exemple : un concubin reçoit 100 000 € par testament. Après abattement de 1 594 €, la base taxable est de 98 406 €. Les droits dus sont de 59 043,60 €.
Exonérations possibles
Certaines exonérations existent : l'assurance-vie (article 990 I CGI) permet de transmettre jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire sans droits de succession, sous certaines conditions. La donation au dernier vivant (article 1094-1 Code civil) n'est pas ouverte aux concubins, mais un testament peut prévoir un legs avec réserve d'usufruit.
« La fiscalité entre concubins est impitoyable : 60 % de droits après un abattement dérisoire. Mais des solutions existent : l'assurance-vie, la donation avec usufruit, ou la création d'une SCI. Un avocat spécialisé en fiscalité successorale peut réduire la note de moitié. » — Maître X, avocat spécialisé en successions
Conseil pratique : Souscrivez une assurance-vie au profit de votre concubin. Les primes versées avant 70 ans bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Au-delà, l'abattement est de 30 500 €. C'est l'outil le plus efficace pour transmettre sans fiscalité excessive.
5. Le rôle et la valeur ajoutée de l'avocat spécialisé
Anticiper la transmission
Un avocat spécialisé en successions vous aide à rédiger un testament, une donation entre concubins, ou à structurer votre patrimoine (SCI, assurance-vie). Il connaît les articles du Code civil (912, 913, 757) et les subtilités de la quotité disponible. Il vous évite les conflits familiaux en respectant la réserve héréditaire des enfants.
Gérer la procédure successorale
En cas de décès, l'avocat assiste le concubin survivant dans toutes les démarches : inventaire, déclaration de succession, partage. Il négocie avec les héritiers légaux pour éviter les contentieux. 1 succession sur 3 est conflictuelle ; l'avocat réduit ce risque.
Optimiser la fiscalité
L'avocat fiscaliste connaît les abattements, les taux et les exonérations. Il peut proposer des montages juridiques pour réduire les droits de succession (donation avec réserve d'usufruit, démembrement de propriété). Il vous évite les pénalités pour déclaration tardive.
« Un avocat spécialisé ne se contente pas de rédiger des actes. Il construit une stratégie patrimoniale sur mesure, en tenant compte de votre situation familiale, fiscale et affective. C'est un investissement qui protège votre héritage et celui de votre conjoint. » — Maître X, avocat spécialisé en successions
Conseil pratique : Ne rédigez jamais un testament seul. Un testament olographe mal rédigé peut être contesté ou annulé. L'avocat garantit sa validité et son efficacité. Consultez-le avant de signer quoi que ce soit.
6. Erreurs et pièges fréquents à éviter
Erreur n°1 : Croire que le concubin hérite automatiquement
75 % des concubins pensent à tort qu'ils héritent de leur compagnon. En réalité, sans testament, ils n'ont aucun droit. La Cour de cassation (1re chambre civile, 2026) a rappelé que la qualité de concubin ne confère aucune vocation successorale.
Erreur n°2 : Négliger la réserve héréditaire
Si le défunt a des enfants, la réserve héréditaire (article 912 Code civil) leur garantit une part minimale. Le concubin ne peut pas recevoir plus que la quotité disponible (article 913 Code civil). Un testament qui dépasse cette quotité est annulable.
Erreur n°3 : Oublier la déclaration fiscale
Même si le concubin reçoit un bien par testament, il doit déclarer la succession dans les 6 mois. Le non-respect de ce délai entraîne des pénalités de 10 % à 40 % (article 1728 CGI).
Erreur n°4 : Confier la gestion à un notaire non spécialisé
Tous les notaires ne maîtrisent pas les subtilités du droit successoral. Un avocat spécialisé offre une expertise plus pointue, notamment en matière de fiscalité et de contentieux. Il peut contester une décision injuste devant les tribunaux.
« L'erreur la plus fréquente est l'inaction. Les concubins pensent que l'amour suffit, mais le droit ne protège que ceux qui anticipent. Un testament rédigé à temps peut éviter des années de conflits et de dettes fiscales. » — Maître X, avocat spécialisé en successions
Conseil pratique : Révisez votre situation tous les 5 ans. Un changement de situation (naissance d'un enfant, achat immobilier, divorce) peut modifier vos dispositions successorales. Un avocat vous aide à les mettre à jour.
7. Tableau des abattements et taux selon le lien de parenté
| Lien de parenté avec le défunt | Abattement (article 779 CGI) | Taux d'imposition (article 777 CGI) | Exemple : droits sur 100 000 € |
|---|---|---|---|
| Conjoint survivant (marié) | 80 724 € | 0 % | 0 € |
| Partenaire de Pacs | 80 724 € | 0 % | 0 € |
| Enfant (ascendant direct) | 100 000 € | 5 % à 45 % | 0 € (si part inférieure à 100 000 €) |
| Frère ou sœur | 15 932 € | 35 % à 45 % | 29 424 € à 37 830 € |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | 55 % | 50 618 € |
| Concubin (tiers) | 1 594 € | 60 % | 59 043 € |
Source : Code général des impôts, articles 777 et 779.
8. Ce que vous devez faire maintenant
Ce que vous devez faire maintenant
- Anticipez : Rédigez un testament ou une donation entre concubins avec l'aide d'un avocat spécialisé. Protégez votre conjoint en lui transmettant la quotité disponible (article 913 Code civil).
- Optimisez : Souscrivez une assurance-vie au profit de votre concubin pour bénéficier d'un abattement de 152 500 € sans droits de succession. Envisagez une donation avec réserve d'usufruit pour réduire la fiscalité.
- Consultez : Faites analyser votre situation successorale par un avocat spécialisé. Une consultation sous 48h peut vous éviter des années de conflits et des milliers d'euros de pénalités.
Glossaire des termes de droit successoral
- Quotité disponible
- Part de la succession que le défunt peut librement transmettre par testament ou donation, sans porter atteinte à la réserve héréditaire des héritiers réservataires (article 913 Code civil). Pour un défunt ayant un enfant, la quotité disponible est de la moitié des biens.
- Réserve héréditaire
- Part minimale de la succession réservée par la loi aux héritiers réservataires (descendants, ascendants, conjoint survivant). Elle ne peut être supprimée par testament (article 912 Code civil).
- Usufruit
- Droit de jouir d'un bien (l'habiter ou en percevoir les revenus) sans en être propriétaire. L'usufruit peut être transmis par testament pour permettre au concubin de continuer à vivre dans le logement (article 578 Code civil).
- Legs
- Disposition testamentaire par laquelle le testateur transmet un ou plusieurs biens à une personne (le légataire). Le legs peut être universel, à titre universel ou particulier (articles 1002 et suivants Code civil).
- Dévolution successorale
- Ensemble des règles légales qui déterminent à qui revient la succession en l'absence de testament (articles 731 à 766 Code civil). Le concubin n'y figure pas.
- Saisine
- Droit pour l'héritier de prendre possession des biens de la succession sans formalité préalable (article 724 Code civil). Le concubin n'a pas la saisine et doit obtenir un titre exécutoire pour faire valoir ses droits.
Questions fréquentes des héritiers
1. Le concubin hérite-t-il automatiquement en l'absence de testament ?
Non. Le concubin n'a aucun droit successoral légal. Sans testament, la succession revient aux héritiers réservataires (enfants, parents, frères et sœurs). Le concubin est juridiquement un tiers.
2. Comment protéger mon concubin si j'ai des enfants ?
Vous pouvez lui transmettre la quotité disponible (moitié de vos biens si vous avez un enfant, un tiers si vous en avez deux, etc.) par testament ou donation. L'avocat spécialisé vous conseille sur les limites à respecter.
3. Quels sont les droits de succession entre concubins ?
Le taux est de 60 % après un abattement de 1 594 € (article 777 et 779 CGI). C'est le taux le plus élevé. L'assurance-vie permet de transmettre jusqu'à 152 500 € sans droits.
4. Puis-je léguer mon logement à mon concubin ?
Oui, par testament ou donation. Mais si vous avez des enfants, vous ne pouvez leur léguer que la quotité disponible. L'usufruit viager est une solution pour permettre au concubin d'habiter le logement sans en être propriétaire.
5. Que se passe-t-il si mon concubin décède sans testament ?
Vous n'avez aucun droit sur sa succession. Ses biens reviennent à ses héritiers légaux (enfants, parents, etc.). Vous devez quitter le logement s'il était à son nom. C'est pourquoi il est crucial d'anticiper.
6. L'assurance-vie est-elle une bonne solution pour protéger mon concubin ?
Oui, c'est l'outil le plus efficace. Les primes versées avant 70 ans bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Au-delà, l'abattement est de 30 500 €. Les capitaux sont transmis sans droits de succession.
7. Puis-je contester un testament qui exclut mon concubin ?
Oui, si vous êtes héritier réservataire et que le testament dépasse la quotité disponible. Vous pouvez demander l'annulation partielle du testament. Un avocat spécialisé peut vous assister dans cette procédure.
8. Quels sont les délais à respecter pour déclarer la succession ?
La déclaration doit être déposée dans les 6 mois suivant le décès (article 800 CGI). En cas de retard, des pénalités de 10 % à 40 % s'appliquent. L'option successorale doit être exercée dans les 4 mois (article 768 Code civil).


