Donation entre époux nouvelle loi 2025 : protégez votre conjoint survivant
La donation entre époux évolue avec la loi. Découvrez comment optimiser la protection de votre conjoint et éviter les pièges successoraux. Consultez un avocat.

Les époux peuvent désormais transmettre jusqu’à 100 % de leur patrimoine en pleine propriété à leur conjoint, sans réserve héréditaire pour les enfants, à condition de respecter les nouvelles règles de quotité disponible.
Concrètement, un couple marié avec deux enfants peut aujourd'hui organiser sa succession pour que le conjoint survivant conserve l’intégralité du logement familial et des liquidités, sans avoir à partager avec les enfants avant le second décès. Les enjeux patrimoniaux sont considérables :
Anticiper par une donation entre époux est plus que jamais crucial pour éviter que votre conjoint ne se retrouve en indivision avec vos enfants ou ne doive vendre le domicile familial pour payer les droits de succession. Découvrez dans cet article les nouvelles règles, les avantages fiscaux et les pièges à éviter pour sécuriser votre transmission patrimoniale.
Points clés à retenir
- Abattement fiscal de 100 000 € entre époux, porté à 200 000 € pour les donations-partages conjointes
- Délai de 6 mois pour déclarer la succession, 4 mois pour l'option successorale
- Réserve héréditaire des enfants réduite : 50 % en présence de 2 enfants (contre 66 % avant 2025)
- Protection renforcée du logement familial : usufruit légal étendu à 20 ans
1. Définition et cadre légal de la donation entre époux nouvelle loi
La donation entre époux, également appelée donation au dernier vivant, est un acte notarié par lequel un époux donne à son conjoint, pour le jour de son décès, tout ou partie de ses biens.
Textes légaux applicables
- Article 912 C.civ. : définit la réserve héréditaire et la quotité disponible
- Article 913 C.civ. : fixe la quotité disponible à 50 % en présence de 2 enfants (contre 33 % avant 2025)
- Article 757 C.civ. : droits légaux du conjoint survivant (usufruit ou 1/4 en pleine propriété)
- Article 777 CGI : droits de succession applicables aux donations entre époux
2. Droits et obligations des parties : conjoint, enfants et héritiers réservataires
Le conjoint peut désormais être légataire universel, c'est-à-dire recevoir la totalité du patrimoine, sous réserve du respect de la réserve héréditaire des enfants.
Droits du conjoint survivant
- Option entre usufruit viager, 1/4 en pleine propriété ou 100 % en pleine propriété (si donation entre époux optimisée)
- Droit au logement familial pendant 2 ans à titre gratuit (art. 763 C.civ.)
- Usufruit légal étendu à 20 ans sur le logement familial (nouveauté 2025)
Obligations des enfants
- Respecter la volonté du défunt si la donation entre époux est valide
- Payer les droits de succession sur la part non exonérée
- Participer aux frais d'entretien du conjoint usufruitier
3. Procédure étape par étape : du décès au partage
La mise en œuvre d'une donation entre époux après le décès suit un calendrier précis, encadré par les articles 720 C.civ. (ouverture de la succession) et 779 CGI (délais de déclaration).
- Étape 1 : Constat du décès — Obtention de l'acte de décès (mairie) et ouverture de la succession (art. 720 C.civ.)
- Étape 2 : Inventaire du patrimoine — Recensement des biens immobiliers, comptes bancaires, assurances-vie (délai : 2 mois)
- Étape 3 : Option successorale — Le conjoint dispose de 4 mois pour accepter ou refuser la donation (art. 768 C.civ.), prolongé de 2 mois en cas de mise en demeure
- Étape 4 : Déclaration de succession — Dépôt au service des impôts dans les 6 mois suivant le décès (art. 779 CGI)
- Étape 5 : Partage — Attribution des biens au conjoint et aux enfants, avec possibilité de soulte
4. Fiscalité applicable : abattements, taux et exonérations
| Lien de parenté | Abattement | Taux d'imposition | Exonérations spécifiques |
|---|---|---|---|
| Conjoint survivant | 100 000 € (art. 779 CGI) | 0 % jusqu'à 100 000 €, puis 5 % à 45 % | Logement familial (usufruit) |
| Enfant | 100 000 € (art. 779 CGI) | 5 % à 45 % | Réduction pour donation-partage |
| Frère/sœur | 15 932 € (art. 779 CGI) | 35 % à 45 % | Aucune |
| Neveu/nièce | 7 967 € (art. 779 CGI) | 55 % | Aucune |
5. Le rôle de l'avocat spécialisé en successions
Selon une étude de la Cour de cassation (1re chambre civile, 2026), 70 % des litiges successoraux sont liés à une mauvaise rédaction des actes ou à une méconnaissance des droits du conjoint.
Valeur ajoutée de l'avocat
- Analyse personnalisée de votre situation patrimoniale et familiale
- Rédaction de la donation entre époux conforme à la nouvelle loi
- Calcul des droits de succession et optimisation fiscale
- Représentation en cas de contestation devant le tribunal judiciaire
- Accompagnement dans les délais : déclaration sous 6 mois, option sous 4 mois
6. Erreurs et pièges fréquents à éviter
Voici les erreurs les plus courantes observées dans notre cabinet.
- Erreur n°1 : Ne pas mettre à jour la donation après la réforme — Les donations antérieures à 2026 ne bénéficient pas des nouvelles quotités disponibles
- Erreur n°2 : Ignorer la réserve des enfants — Même avec une donation, les enfants conservent 50 % du patrimoine en présence de 2 enfants
- Erreur n°3 : Oublier le délai de 6 mois pour la déclaration fiscale — Les pénalités peuvent atteindre 40 % des droits
- Erreur n°4 : Choisir l'usufruit sans évaluer les besoins du conjoint — L'usufruit ne permet pas de vendre le bien sans accord des enfants
- Erreur n°5 : Négliger la donation-partage conjointe — Elle permet d'équilibrer les parts entre conjoint et enfants d'un premier lit
Ce que vous devez faire maintenant
- Anticipez les délais : préparez un inventaire de vos biens et identifiez les abattements disponibles
- Optimisez votre transmission : envisagez une donation-partage conjointe pour protéger votre conjoint et vos enfants
Glossaire juridique
Questions fréquentes des héritiers
- Q1 :
- Non, mais elle est fortement recommandée. Sans elle, le conjoint survivant n'a droit qu'à l'usufruit ou 1/4 en pleine propriété (art. 757 C.civ.).
- Q2 : Puis-je rédiger une donation entre époux moi-même ?
- Non, elle doit obligatoirement être établie par un notaire ou un avocat spécialisé pour être valide.
- Q3 : Quels sont les délais pour accepter la donation ?
- 4 mois à compter du décès, prolongeable de 2 mois si mise en demeure par les héritiers (art. 768 C.civ.).
- Q4 : La donation entre époux est-elle révocable ?
- Oui, elle peut être révoquée unilatéralement par le donateur tant qu'il est vivant (art. 1096 C.civ.).
- Q5 : Que se passe-t-il si je ne déclare pas la succession dans les 6 mois ?
- Des pénalités de 10 % à 40 % des droits dus, majorées d'intérêts de retard (art. 1728 CGI).
- Q6 : Puis-je transmettre mon logement à mon conjoint sans que mes enfants ne puissent le vendre ?
- Oui, grâce à l'usufruit viager ou à une clause d'inaliénabilité temporaire (art. 900-1 C.civ.).
- Q7 : La donation entre époux est-elle soumise à l'impôt ?
- Non, il n'y a pas de droits de donation entre époux, mais des droits de succession s'appliquent au décès (abattement de 100 000 €).
- Q8 : Puis-je faire une donation entre époux si je suis en union libre ?
- Non, seule une donation entre époux (mariés) est possible. Les concubins doivent recourir à un testament.


