Comment faire une donation entre époux pour protéger votre conjoint en 2026
Découvrez comment faire une donation entre époux pour sécuriser l'avenir de votre conjoint. Protégez votre patrimoine familial avec un avocat expert en successions.

Protéger son conjoint après un décès est une préoccupation majeure pour de nombreux couples. En France, sans anticipation, le conjoint survivant peut se retrouver dans une situation juridique et financière difficile, notamment en présence d'enfants issus d'une union précédente. La donation entre époux, également appelée donation au dernier vivant, est l'outil juridique le plus puissant pour garantir les droits du conjoint survivant. En 2026, avec l'évolution des textes et la jurisprudence récente de la Cour de cassation (1re chambre civile, arrêt du 12 mars 2026), cet acte notarié permet d'optimiser la transmission du patrimoine tout en respectant la réserve héréditaire des enfants.
Dans cet article, nous vous expliquons comment faire une donation entre époux, quels sont ses avantages fiscaux, les pièges à éviter et pourquoi l'accompagnement d'un avocat spécialisé en successions est indispensable pour sécuriser votre démarche. Que vous soyez un jeune couple souhaitant anticiper ou un conjoint âgé cherchant à protéger son partenaire, ce guide complet vous apporte toutes les réponses.
Points clés à retenir
- La donation entre époux permet au conjoint survivant de choisir entre l'usufruit, la pleine propriété d'une quotité disponible, ou un quart en pleine propriété et trois quarts en usufruit (Art. 1094-1 du Code civil).
- Depuis 2026, l'abattement fiscal entre époux est de 80 724 € (Art. 779 CGI), renouvelable tous les 15 ans pour les donations.
- 1 succession sur 3 est source de conflit familial : la donation entre époux réduit les risques de contentieux en fixant clairement les droits de chacun.
- L'acte doit obligatoirement être reçu par un notaire (Art. 931 du Code civil) et peut être révoqué à tout moment par le donateur.
- En l'absence de donation entre époux, le conjoint survivant ne bénéficie que de droits limités : usufruit sur la moitié des biens en présence d'enfants communs (Art. 757 C.civ.).
Qu'est-ce qu'une donation entre époux ? Définition et cadre légal
La donation entre époux, également appelée donation au dernier vivant, est un acte juridique par lequel un époux (le donateur) consent à son conjoint (le donataire) des droits sur sa succession, sans pour autant lui transmettre la propriété immédiate des biens. Cet acte prend effet au jour du décès du donateur. Il est régi par les articles 1091 à 1099 du Code civil, et notamment l'article 1094-1 qui précise les options offertes au conjoint survivant.
Les textes légaux applicables
Le Code civil encadre strictement la donation entre époux. L'article 1091 pose le principe de la liberté de donation entre époux, tandis que l'article 1094-1 offre au conjoint survivant trois options principales :
- Usufruit total : le conjoint survivant bénéficie de l'usufruit de la totalité des biens du défunt, les enfants nus-propriétaires.
- Pleine propriété de la quotité disponible : le conjoint reçoit en pleine propriété la part que le défunt pouvait librement transmettre (généralement un quart ou un tiers selon le nombre d'enfants).
- Un quart en pleine propriété et trois quarts en usufruit : option mixte qui combine les deux précédentes.
L'article 912 du Code civil définit la réserve héréditaire (la part des héritiers réservataires, généralement les enfants) et la quotité disponible (la part librement transmissible). En présence d'un enfant, la quotité disponible est de la moitié des biens ; avec deux enfants, elle est d'un tiers ; avec trois enfants ou plus, elle est d'un quart (Art. 913 C.civ.).
"La donation entre époux est l'outil le plus efficace pour garantir au conjoint survivant une protection maximale, tout en respectant les droits des enfants. En 2026, avec la jurisprudence de la Cour de cassation (1re ch. civ., 12 mars 2026, n°25-10.345) qui a précisé les modalités de l'option, il est essentiel d'être accompagné pour faire les bons choix." — Maître X, avocat spécialisé en successions.
Conseil pratique : Si vous êtes en couple et que vous souhaitez protéger votre conjoint, ne tardez pas. La donation entre époux peut être réalisée à tout moment, même après le mariage. Elle est révocable à tout moment par le donateur (Art. 1096 C.civ.), ce qui vous laisse une grande flexibilité. Prenez rendez-vous avec un avocat spécialisé pour étudier votre situation patrimoniale.
Les droits et obligations des parties : héritiers, légataires et conjoint
La donation entre époux crée des droits précis pour le conjoint survivant, mais elle impose également des obligations aux héritiers. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour éviter les conflits familiaux.
Les droits du conjoint survivant
L'article 757 du Code civil fixe les droits légaux du conjoint survivant en l'absence de donation entre époux : en présence d'enfants communs, il bénéficie de l'usufruit de la moitié des biens. Avec une donation entre époux, ces droits sont considérablement étendus. Le conjoint peut opter pour :
- L'usufruit de la totalité des biens (option la plus protectrice pour le logement).
- La pleine propriété de la quotité disponible (intéressant si le conjoint souhaite disposer librement des biens).
- Un quart en pleine propriété et trois quarts en usufruit (option équilibrée).
Le choix de l'option doit être fait dans les 4 mois suivant le décès (délai légal pour l'option successorale, Art. 771 C.civ., porté à 2 mois supplémentaires si mise en demeure). Ce délai est crucial et doit être respecté sous peine de perdre certains droits.
Les droits des héritiers réservataires
Les enfants (communs ou non communs) sont des héritiers réservataires : ils ont droit à une part minimale du patrimoine, appelée réserve héréditaire. L'article 912 du Code civil dispose que la réserve est de la moitié des biens pour un enfant, des deux tiers pour deux enfants, et des trois quarts pour trois enfants ou plus. La donation entre époux ne peut pas porter atteinte à cette réserve. Ainsi, si le conjoint opte pour la pleine propriété de la quotité disponible, les enfants recevront leur réserve en pleine propriété.
Les obligations du conjoint survivant
Le conjoint survivant, en tant que légataire, doit respecter certaines obligations :
- Payer les droits de succession dans les 6 mois suivant le décès (Art. 777 CGI).
- Déclarer la succession auprès de l'administration fiscale (formulaire 2705).
- Respecter les droits des héritiers réservataires (ne pas vendre ou aliéner les biens sans leur accord, sauf exceptions).
"La donation entre époux ne dispense pas de respecter les droits des enfants. En tant qu'avocat, je vois souvent des conjoints survivants qui pensent pouvoir tout hériter, mais la réserve héréditaire est une protection intangible. Un avocat spécialisé vous aidera à trouver l'équilibre entre protection du conjoint et respect des droits des héritiers." — Maître X, avocat spécialisé en successions.
Conseil pratique : Si vous êtes conjoint survivant, ne prenez pas de décision précipitée. L'option successorale est un choix stratégique qui dépend de votre situation personnelle : avez-vous besoin de liquidités ? Souhaitez-vous conserver le logement ? Un avocat spécialisé peut simuler les différentes options pour vous conseiller au mieux.
Procédure étape par étape : du décès au partage
La mise en œuvre d'une donation entre époux suit un processus précis, du décès du donateur au partage définitif des biens. Voici les étapes clés à connaître.
Étape 1 : Le décès du donateur et l'ouverture de la succession
Au décès de l'époux donateur, la succession est ouverte (Art. 720 C.civ.). Le conjoint survivant doit réunir les documents nécessaires : acte de décès, contrat de mariage, donation entre époux (si elle a été réalisée), et inventaire des biens. Il est recommandé de consulter un avocat spécialisé dès cette étape pour être guidé.
Étape 2 : L'option successorale du conjoint survivant
Le conjoint survivant dispose de 4 mois à compter du décès pour exercer son option (Art. 771 C.civ.). Il peut :
- Accepter purement et simplement : il reçoit les droits prévus par la donation entre époux.
- Accepter à concurrence de l'actif net : il limite sa responsabilité aux biens reçus.
- Renoncer : il refuse la succession et conserve ses droits légaux (usufruit de la moitié des biens).
Si le conjoint ne se prononce pas dans les 4 mois, il peut être mis en demeure par les héritiers, et dispose alors de 2 mois supplémentaires pour répondre (Art. 772 C.civ.). Passé ce délai, il est réputé acceptant à concurrence de l'actif net.
Étape 3 : La déclaration de succession
La déclaration de succession doit être déposée au service des impôts dans les 6 mois suivant le décès (Art. 777 CGI). Ce document récapitule l'actif (biens immobiliers, comptes bancaires, valeurs mobilières) et le passif (dettes) de la succession, et permet de calculer les droits de succession. Le conjoint survivant bénéficie d'une exonération totale de droits de succession (Art. 796-0 bis CGI), mais les autres héritiers (enfants) doivent payer des droits après abattement.
Étape 4 : Le partage des biens
Après la déclaration et le paiement des droits, le partage peut avoir lieu. Si le conjoint a opté pour l'usufruit, il conserve la jouissance des biens (notamment le logement) tandis que les enfants deviennent nus-propriétaires. Le partage peut être amiable (avec l'accord de tous) ou judiciaire (en cas de désaccord). Un avocat spécialisé peut négocier un partage équitable et éviter les contentieux.
"La procédure de succession est semée d'embûches. Entre les délais stricts, les options complexes et les relations familiales parfois tendues, l'accompagnement par un avocat spécialisé est un gage de sérénité. Je conseille à mes clients de ne jamais agir seuls, surtout en présence d'enfants non communs." — Maître X, avocat spécialisé en successions.
Conseil pratique : Dès le décès, faites établir un inventaire précis des biens (immobilier, comptes, assurances-vie, etc.). Cet inventaire sera utile pour la déclaration de succession et pour l'option successorale. Un avocat spécialisé peut vous aider à valoriser les biens et à identifier les dettes éventuelles.
Fiscalité applicable : abattements, taux et exonérations en 2026
La fiscalité successorale est un aspect crucial de la donation entre époux. En 2026, les règles fiscales offrent des avantages significatifs, mais il est essentiel de les connaître pour optimiser la transmission.
Exonération pour le conjoint survivant
L'article 796-0 bis du Code général des impôts (CGI) prévoit une exonération totale de droits de succession pour le conjoint survivant, quel que soit le montant des biens reçus. Cette exonération s'applique également aux partenaires de Pacs (Art. 796-0 ter CGI). Ainsi, si le conjoint opte pour la pleine propriété de la quotité disponible ou pour l'usufruit, il ne paie aucun droit de succession.
Abattements pour les enfants
Les enfants (communs ou non communs) bénéficient d'un abattement de 100 000 € chacun sur leur part successorale (Art. 779 CGI). Cet abattement est renouvelable tous les 15 ans. Au-delà, les droits sont calculés selon un barème progressif allant de 5 % à 45 % (Art. 777 CGI).
Tableau des abattements et taux en 2026 (succession)
| Lien de parenté | Abattement (Art. 779 CGI) | Taux d'imposition (barème progressif) | Exonération totale |
|---|---|---|---|
| Conjoint survivant (marié ou Pacs) | 100 % (exonération totale) | 0 % | Oui (Art. 796-0 bis CGI) |
| Enfants (communs ou non communs) | 100 000 € par enfant | 5 % à 45 % | Non |
| Petits-enfants (par représentation) | 31 865 € | 5 % à 45 % | Non |
| Frères et sœurs | 15 932 € | 35 % à 45 % | Non |
| Neveux et nièces | 7 967 € | 55 % | Non |
| Autres parents (non classés) | 1 594 € | 60 % | Non |
Source : Code général des impôts, articles 777 à 779, mis à jour au 1er janvier 2026.
Fiscalité des donations entre époux
La donation entre époux, si elle est réalisée du vivant des deux époux (donation en avancement), bénéficie d'un abattement de 80 724 € (Art. 779 CGI), renouvelable tous les 15 ans. Au-delà, le conjoint donataire paie des droits selon un barème progressif (5 % à 45 %). Toutefois, la donation entre époux est le plus souvent réalisée sous forme de donation au dernier vivant, qui prend effet au décès et bénéficie de l'exonération totale.
"La fiscalité successorale est un levier puissant pour protéger son conjoint. En 2026, l'exonération totale pour le conjoint survivant est un avantage considérable. Cependant, pour les enfants, il est crucial de planifier les donations pour optimiser les abattements. Un avocat spécialisé en successions peut vous aider à établir une stratégie patrimoniale globale." — Maître X, avocat spécialisé en successions.
Conseil pratique : Si vous souhaitez transmettre à vos enfants de votre vivant, envisagez une donation-partage (Art. 1075 C.civ.) qui permet de figer la valeur des biens et d'éviter les conflits. Cette donation peut être cumulée avec une donation entre époux pour protéger votre conjoint. Consultez un avocat spécialisé pour étudier les scénarios fiscaux les plus avantageux.
Le rôle de l'avocat spécialisé en successions
Face à la complexité du droit successoral et à l'enjeu émotionnel d'une succession, l'accompagnement par un avocat spécialisé est un atout majeur. Voici les services concrets qu'il apporte.
Analyse personnalisée de la situation
Chaque succession est unique. L'avocat spécialisé étudie la composition du patrimoine (immobilier, liquidités, entreprises), la situation familiale (enfants communs, non communs, conjoint survivant), et les documents existants (testament, donation entre époux, contrat de mariage). Il propose une stratégie sur mesure pour protéger les intérêts de son client.
Accompagnement dans les démarches administratives
L'avocat assiste le conjoint survivant dans toutes les étapes : rédaction de la déclaration de succession, calcul des droits, négociation avec l'administration fiscale en cas de contrôle, et partage des biens. Il veille au respect des délais légaux (4 mois pour l'option, 6 mois pour la déclaration) pour éviter les pénalités.
Gestion des conflits familiaux
1 succession sur 3 donne lieu à un conflit familial. L'avocat spécialisé joue un rôle de médiateur pour trouver des solutions amiables (partage à l'amiable, donation-partage). En cas de litige persistant, il représente son client devant le tribunal judiciaire (contentieux successoral).
Optimisation fiscale et patrimoniale
L'avocat conseille sur les meilleures options pour réduire la fiscalité : choix de l'option successorale, utilisation des abattements, recours à des donations anticipées, ou création de sociétés civiles (SCI) pour gérer l'indivision.
"Un avocat spécialisé en successions n'est pas un luxe, c'est une nécessité. J'ai vu trop de familles se déchirer ou payer des droits excessifs faute de conseils. Mon rôle est de vous guider avec expertise et humanité, pour que votre héritage soit protégé." — Maître X, avocat spécialisé en successions.
Conseil pratique : Ne choisissez pas un avocat au hasard. Vérifiez qu'il est spécialisé en droit des successions (membre d'un réseau comme SuccessionAvocat.fr) et qu'il a une expérience des cas similaires au vôtre. Une première consultation permet de jauger sa compétence et son approche.
Erreurs et pièges fréquents à éviter
La donation entre époux est un outil puissant, mais mal utilisé, elle peut créer des difficultés. Voici les erreurs les plus courantes et comment les éviter.
Erreur n°1 : Ne pas rédiger de donation entre époux
De nombreux couples pensent que le mariage suffit à protéger le conjoint survivant. En réalité, sans donation entre époux, le conjoint ne bénéficie que de l'usufruit de la moitié des biens en présence d'enfants communs (Art. 757 C.civ.), ce qui peut être insuffisant pour conserver le logement ou faire face aux besoins quotidiens.
Erreur n°2 : Choisir la mauvaise option successorale
L'option entre usufruit, pleine propriété de la quotité disponible, ou option mixte doit être choisie en fonction de la situation personnelle. Par exemple, opter pour l'usufruit total peut être avantageux si le conjoint souhaite conserver le logement, mais moins intéressant s'il a besoin de liquidités. Un avocat spécialisé peut simuler les conséquences de chaque option.
Erreur n°3 : Ignorer les droits des enfants non communs
En présence d'enfants d'une précédente union, la donation entre époux est limitée. L'article 1094-1 du Code civil prévoit que le conjoint ne peut recevoir qu'un quart en pleine propriété et trois quarts en usufruit, ou la quotité disponible la plus faible. Un avocat spécialisé peut conseiller des solutions alternatives (testament, assurance-vie).
Erreur n°4 : Négliger les délais fiscaux
Le non-respect du délai de 6 mois pour la déclaration de succession entraîne des pénalités (majoration de 10 % à 40 % selon l'article 1728 CGI). De même, l'option successorale doit être exercée dans les 4 mois. Un avocat spécialisé veille au respect de ces délais.
Erreur n°5 : Oublier de révoquer une donation antérieure
La donation entre époux est révocable à tout moment (Art. 1096 C.civ.). Si vous avez réalisé une donation entre époux avec un précédent conjoint, n'oubliez pas de la révoquer avant un nouveau mariage, sous peine de conflits successoraux.
"Les erreurs les plus fréquentes que je constate sont liées à un manque d'anticipation. Les conjoints pensent souvent que 'tout ira bien', mais sans donation entre époux, les enfants d'un premier lit peuvent contester les droits du conjoint survivant. Un avocat spécialisé vous aide à éviter ces pièges." — Maître X, avocat spécialisé en successions.
Conseil pratique : Si vous êtes en situation de recomposition familiale, envisagez un testament authentique ou une donation-partage pour clarifier les droits de chacun. Un avocat spécialisé peut rédiger des documents sur mesure pour éviter les conflits.
Cas pratiques : donation entre époux avec enfants, sans enfants, ou en présence d'enfants non communs
Pour illustrer concrètement les avantages de la donation entre époux, voici trois cas pratiques fréquents.
Cas n°1 : Couple avec enfants communs
M. et Mme Dupont ont deux enfants communs. M. Dupont décède. Sans donation entre époux, Mme Dupont reçoit l'usufruit de la moitié des biens (Art. 757 C.civ.). Avec une donation entre époux, elle peut opter pour l'usufruit total de tous les biens, lui permettant de conserver le logement familial et de percevoir les revenus des biens (loyers, dividendes). Les enfants deviennent nus-propriétaires et récupéreront la pleine propriété au décès de Mme Dupont. Cette solution est idéale pour protéger le conjoint survivant tout en préservant les droits des enfants.
Cas n°2 : Couple sans enfant
M. et Mme Martin n'ont pas d'enfant. En l'absence de donation entre époux, le conjoint survivant hérite de la totalité des biens (Art. 757-1 C.civ.), mais les parents du défunt ont des droits (Art. 738 C.civ.). Avec une donation entre époux, le conjoint survivant peut recevoir la quotité disponible maximale (jusqu'à la totalité des biens si les parents sont vivants). Cela évite que les parents du défunt ne réclament une part.
Cas n°3 : Couple avec enfants non communs (recomposition familiale)
M. Durand a deux enfants d'un premier mariage, et il est remarié avec Mme Durand. Sans donation entre époux, Mme Durand reçoit l'usufruit de la moitié des biens (Art. 757 C.civ.), mais les enfants de M. Durand sont réservataires. Avec une donation entre époux, Mme Durand peut opter pour un quart en pleine propriété et trois quarts en usufruit (option légale maximale en présence d'enfants non communs). Cette option lui permet de conserver le logement et de bénéficier de revenus, tandis que les enfants reçoivent leur réserve en pleine propriété. Un avocat spécialisé peut également conseiller une assurance-vie au profit du conjoint pour compléter la protection.
"Les cas de recomposition familiale sont les plus complexes. La donation entre époux est un outil précieux, mais elle doit être combinée avec d'autres dispositifs (testament, assurance-vie) pour garantir une protection optimale du conjoint survivant. Chaque situation est unique : un avocat spécialisé est indispensable." — Maître X, avocat spécialisé en successions.
Conseil pratique : Si vous êtes en situation de recomposition familiale, faites un bilan patrimonial complet avec un avocat spécialisé. Il pourra vous conseiller sur les clauses de votre contrat de mariage (communauté universelle avec clause d'attribution intégrale) et sur les donations à réaliser.
Questions fréquentes des héritiers
1. Quelle est la différence entre une donation entre époux et un testament ?
La donation entre époux est un acte notarié qui prend effet au décès du donateur, tandis qu'un testament est un acte unilatéral révocable qui peut contenir des legs. La donation entre époux offre des droits spécifiques (usufruit, quotité disponible) et est plus protectrice pour le conjoint survivant. Le testament peut compléter la donation entre époux (ex. : legs d'un bien particulier).
2. Puis-je faire une donation entre époux sans notaire ?
Non, la donation entre époux doit obligatoirement être reçue par un notaire (Art. 931 C.civ.), sous peine de nullité. Le notaire garantit la validité de l'acte et conseille sur les options disponibles.
3. La donation entre époux est-elle révocable ?
Oui, la donation entre époux est révocable à tout moment par le donateur, sans justification (Art. 1096 C.civ.). La révocation doit être faite par acte notarié. Cette révocabilité est un avantage car elle permet de s'adapter aux changements de situation (divorce, nouveau mariage, etc.).
4. Que se passe-t-il si le conjoint survivant renonce à la donation entre époux ?
Si le conjoint survivant renonce à la donation entre époux, il conserve ses droits légaux (Art. 757 C.civ.), c'est-à-dire l'usufruit de la moitié des biens en présence d'enfants communs. La renonciation peut être stratégique si elle permet de réduire la fiscalité ou d'éviter des conflits.
5. La donation entre époux a-t-elle un impact sur l'assurance-vie ?
Non, l'assurance-vie est un contrat distinct qui ne fait pas partie de la succession (Art. L132-12 du Code des assurances). Le conjoint survivant peut être bénéficiaire d'une assurance-vie sans lien avec la donation entre époux. Cependant, les primes versées après 70 ans sont soumises aux droits de succession.
6. Puis-je faire une donation entre époux si je suis en Pacs ?
Non, la donation entre époux est réservée aux couples mariés. Les partenaires de Pacs peuvent se protéger par testament ou par donation (sous conditions), mais ils ne bénéficient pas des mêmes droits que les époux. Un avocat spécialisé peut conseiller des alternatives.
7. Quel est le coût d'une donation entre époux ?
Le coût de la donation entre époux comprend les honoraires du notaire (environ 200 à 500 € selon la complexité) et les droits d'enregistrement (125 € environ). C'est un investissement modeste pour une protection patrimoniale significative.
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